Esprit de l'œuvre

Si les œuvres d'Agosti s'inspirent formellement de la nature - jardins, parcs, nuages, lacs ou rivières - nature éclatante de couleurs, luxuriante et prodigue, il s'agit cependant d'un jardin métaphorique, transfiguré par la vision de l'artiste, fasciné par la complexité du cosmos.

Les éléments de paysage qu'il choisit sont organisés selon un système de réseaux de fragments, représentés selon plusieurs échelles de grandeur et selon des points de vue différents, qui se mélangent dans un ensemble plastique, en une représentation relative de l'espace, vision labyrinthique aléatoire et déstabilisante par rapport à une conception euclidienne du Monde.
Si cette variation d'échelle s'applique à l'espace, elle est également reliée au temps qui mêle présent et références au passé, à la symbolique, à la mythologie... Elle reflète aussi de manière métaphorique certaines préoccupations actuelles liées aux histoires de réseaux ... et la recherche spirituelle qui sous-tend toute la démarche de l'artiste.
Passionné par l'étude des symboles, l'artiste a su en utiliser toute la force pour en irriguer et structurer l'ensemble de son œuvre. La figure la plus importante est celle de l'Arbre, nonobstant les formes alchimiques utilisées et sous-tendues dans l'utilisation des couleurs et des métamorphoses lumineuses et poétiques de ses suites d'images.

« La figure de « l'Arbre » est le thème central de mon œuvre, dans les détails comme dans la structure » dit Jean-Paul Agosti.

 

Arbre sacré plongeant depuis des siècles ses racines dans l'inconscient collectif, arbre aux arborescences potentiellement infinies, qui symbolisent la nature de sa réflexion et la complexité de son travail. De la conception d'une œuvre d'Agosti à sa réalisation, la figure de l'arbre préside à la création.
« J'ai rompu avec l'idée de séries », ajoute-t-il. « En m'appuyant sur la structure de l'arbre, je fais des familles d'images. A partir d'une matrice, les tableaux se développent de manière non-sérielle –formats, supports, techniques ...- chaque individualité ayant sa propre personnalité. »

La matrice est généralement constituée d'une première aquarelle et de photos, prises dans la nature. Elles décrivent l'intérieur d'une sphère, ce qu'on voit au-dessus d'un miroir d'eau , ce qui se mire et ce qui est sous ce miroir. Ce premier travail est un microcosme, une globalisation de l'image et du paysage. De cette première image-matrice, il va tirer ensuite d'autres images qui vont elles-mêmes en engendrer d'autres –aquarelles d'abord, puis maquettes, pour finir par peintures sur toile, acryliques ou huiles... - susceptibles d'exploiter des variations scalaires toujours plus complexes et monumentales. Et c'est dans ce rapport entre ces différentes échelles, entre l'infiniment petit et l'infiniment grand, à ce point de tension entre « le global » et le « local » qu'Agosti nourrit son Œuvre de peintre.


 

JARDIN-D-ISIS

              Jardin d'Isis 1997  - aquarelle  152 x 103 cm
                  (partie gauche d'un triptyque)